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Antivirus et outils de sécurité : Windows, macOS et Linux

Faut-il un antivirus, lequel, et quoi d'autre ? Les protections intégrées à Windows et macOS, comment les vérifier, les antivirus tiers bien notés, et pour Linux les outils libres à connaître : ClamAV, Lynis, rkhunter, chkrootkit, AIDE, avec leurs commandes.

Sécurité Fiche Intermédiaire Publié le 20 octobre 2026 18 min de lecture
Cadenas posé sur un ordinateur portable, traînées de lumière
Photo : FlyD sur Unsplash

En clair

Un antivirus, c'est le vigile à l'entrée : il reconnaît les fauteurs de troubles déjà connus et les refoule. Utile, mais insuffisant à lui seul : il faut aussi des serrures solides (mises à jour, mots de passe, pare-feu) et, de temps en temps, un inspecteur qui fait le tour du bâtiment pour signaler les fenêtres mal fermées. Sous Windows et macOS, le vigile est déjà fourni avec le système. Sous Linux, on ajoute surtout des inspecteurs : des outils d'audit et de contrôle d'intégrité.

1. Ce qu'il faut selon le système

Windows macOS Linux (poste ou serveur)
Antivirus intégré Microsoft Defender, actif par défaut XProtect, invisible et automatique Aucun
Faut-il en ajouter un ? Non, dans la grande majorité des cas Non, sauf besoin particulier Seulement dans certains cas (voir la partie 4)
Outil complémentaire utile Un scanner de deuxième avis, ponctuellement Les outils libres d'Objective-See Lynis pour l'audit, AIDE pour l'intégrité
Pare-feu Pare-feu Windows Defender, actif Pare-feu applicatif, désactivé par défaut ufw, firewalld ou nftables, à configurer
Le plus important Mises à jour, compte standard au quotidien Mises à jour, applications signées Mises à jour automatiques, SSH durci, services minimaux

Un seul antivirus à la fois

Deux antivirus actifs en même temps se gênent : ralentissements, conflits, fichiers bloqués. Sous Windows, Defender se met de lui-même en retrait quand un autre antivirus est installé, et reprend la main s'il est désinstallé.

2. Windows : Microsoft Defender suffit

Microsoft Defender Antivirus est intégré à Windows 10 et 11. Il analyse les fichiers en temps réel, interroge le cloud de Microsoft pour les menaces récentes et se met à jour par Windows Update. Pour un particulier comme pour une petite structure, il offre une protection solide, sans publicité ni surconsommation.

Les réglages à vérifier

Ouvrez Sécurité Windows (menu Démarrer), puis :

Section Réglage Valeur conseillée
Protection contre les virus et menaces Protection en temps réel, protection fournie par le cloud, envoi automatique d'échantillons Activés
Protection contre les virus et menaces Protection contre les falsifications Activée : empêche un logiciel malveillant de désactiver Defender
Protection contre les virus et menaces > Protection contre les ransomwares Accès contrôlé aux dossiers Activé si possible : seules les applications autorisées peuvent modifier Documents, Images, etc. Certains logiciels légitimes devront être autorisés à la main
Contrôle des applications et du navigateur Protection fondée sur la réputation (SmartScreen), blocage des applications potentiellement indésirables Activés
Sécurité des appareils > Isolation du noyau Intégrité de la mémoire Activée si aucun pilote incompatible n'est signalé
Pare-feu et protection du réseau Pare-feu pour les trois profils (domaine, privé, public) Activé

En PowerShell

Ces commandes se lancent dans un terminal administrateur.

État de la protection :

Get-MpComputerStatus | Select-Object AMRunningMode, RealTimeProtectionEnabled, IsTamperProtected, AntivirusSignatureLastUpdated
AMRunningMode                 : Normal
RealTimeProtectionEnabled     : True
IsTamperProtected             : True
AntivirusSignatureLastUpdated : 20/10/2026 07:12:44

AMRunningMode vaut Normal quand Defender est l'antivirus actif, Passive Mode quand un autre antivirus a pris le relais.

Mettre à jour les signatures, puis lancer une analyse :

Update-MpSignature
Start-MpScan -ScanType QuickScan
Start-MpScan -ScanType FullScan

Lister les menaces détectées :

Get-MpThreatDetection

Analyse hors connexion

Certains logiciels malveillants se cachent tant que Windows fonctionne. L'analyse Microsoft Defender hors connexion redémarre la machine dans un environnement minimal pour les débusquer (Sécurité Windows > Protection contre les virus et menaces > Options d'analyse). Ou en PowerShell administrateur :

Start-MpWDOScan

Le PC redémarre immédiatement

Start-MpWDOScan redémarre la machine sans autre avertissement. Enregistrez votre travail avant. L'analyse dure une quinzaine de minutes ; le résultat apparaît ensuite dans l'historique de protection.

Un deuxième avis

En cas de doute sur une machine, un scanner à la demande, qui ne reste pas installé en permanence, peut confirmer ou compléter Defender :

Outil Ce que c'est
Microsoft Safety Scanner Scanner autonome de Microsoft, valable 10 jours après le téléchargement
Malwarebytes Version gratuite utilisable comme scanner à la demande ; efficace sur les logiciels publicitaires et indésirables
ESET Online Scanner Scanner ponctuel, se désinstalle après usage

Pour une machine dont vous soupçonnez qu'elle est réellement compromise, l'antivirus ne suffit plus : déconnectez-la du réseau, sauvegardez les données importantes et envisagez une réinstallation (voir réinitialiser Windows 11).

3. Les antivirus tiers bien notés

Un antivirus tiers n'est pas indispensable sous Windows, mais il peut se justifier : plusieurs appareils à protéger avec un seul outil (Windows, Mac, téléphones), contrôle parental, protection web renforcée, ou, en entreprise, une console de gestion centralisée qui permet de suivre l'état de tous les postes. Les éditeurs ci-dessous obtiennent régulièrement de bons résultats dans les tests indépendants.

Éditeur Pays Windows macOS Linux Points forts
Bitdefender Roumanie ✓ ✓ Entreprise Régulièrement en tête des tests de détection, faible impact sur les performances ; édition gratuite pour Windows
ESET Slovaquie ✓ ✓ Entreprise Très léger, réglages fins appréciés des administrateurs, console de gestion pour les parcs
G DATA Allemagne ✓ ✓ Entreprise Moteur propre combiné à celui de Bitdefender, éditeur soumis au droit européen, engagement « pas de porte dérobée »
F-Secure Finlande ✓ ✓ — Simple à utiliser, bonne protection de la navigation et des paiements ; l'offre entreprise est devenue WithSecure
Trend Micro Japon ✓ ✓ Entreprise Protection web et anti-hameçonnage efficaces
Emsisoft Nouvelle-Zélande ✓ — — Léger ; éditeur connu pour ses outils gratuits de déchiffrement après un rançongiciel
Sophos Home Royaume-Uni ✓ ✓ Entreprise Gestion de plusieurs ordinateurs depuis une console web, même pour une famille

« Entreprise » : protection Linux disponible uniquement dans les offres pour serveurs et parcs professionnels.

Où vérifier les résultats

Les classements évoluent d'une année sur l'autre : consultez les derniers rapports des laboratoires indépendants avant de choisir.

Laboratoire Ce qu'il publie
AV-TEST (Allemagne) Notes de protection, de performance et d'ergonomie, tous les deux mois, pour Windows, macOS et Android
AV-Comparatives (Autriche) Tests de protection réelle, de faux positifs et d'impact sur les performances, synthèse annuelle
SE Labs (Royaume-Uni) Tests fondés sur des attaques réelles, pour particuliers et entreprises

Pourquoi certains éditeurs connus ne sont pas listés

Kaspersky obtient de bons résultats techniques, mais l'office fédéral allemand de la sécurité informatique (BSI) a recommandé en 2022 de le remplacer, et sa vente est interdite aux États-Unis depuis 2024. Avast, propriétaire d'AVG, a été sanctionné aux États-Unis en 2024 pour avoir revendu des données de navigation de ses utilisateurs.

Les bonnes pratiques avec un antivirus tiers

  • Un seul antivirus actif : désinstallez l'ancien avant d'installer le nouveau, de préférence avec l'outil de suppression fourni par l'éditeur, qui retire aussi les pilotes.
  • Téléchargez-le depuis le site officiel de l'éditeur, jamais depuis un site de téléchargement ou une publicité.
  • N'installez que l'antivirus : refusez les modules d'« optimisation » ou de « nettoyage » du système, inutiles et parfois envahissants.
  • Si l'antivirus analyse les connexions chiffrées (HTTPS) en s'interposant, sachez qu'il peut provoquer des erreurs de certificat dans certains logiciels ; l'option se désactive en général dans ses réglages.
  • En entreprise, préférez une solution avec console centralisée et alertes : un antivirus dont personne ne lit les alertes ne protège qu'à moitié.

4. macOS : les protections intégrées

macOS empile plusieurs protections, actives sans réglage :

Protection Rôle
XProtect Antivirus à signatures, mis à jour automatiquement par Apple en arrière-plan
XProtect Remediator Analyse régulière du système et suppression des logiciels malveillants connus
Gatekeeper et la notarisation N'autorisent par défaut que les applications de l'App Store ou signées par un développeur identifié et vérifiées par Apple
SIP (protection de l'intégrité du système) Empêche toute modification des fichiers du système, même par l'administrateur
FileVault Chiffrement du disque : protège les données si le Mac est perdu ou volé
Pare-feu Filtre les connexions entrantes ; désactivé par défaut

Les vérifier dans le Terminal

spctl --status
csrutil status
fdesetup status
/usr/libexec/ApplicationFirewall/socketfilterfw --getglobalstate
assessments enabled
System Integrity Protection status: enabled.
FileVault is On.
Firewall is disabled. (State = 0)

Activez le pare-feu dans Réglages Système > Réseau > Coupe-feu, et FileVault dans Réglages Système > Confidentialité et sécurité s'il est désactivé. Laissez activé, dans Réglages Système > Général > Mise à jour de logiciels > Mises à jour automatiques, le réglage d'installation des réponses de sécurité et fichiers système : c'est par là que XProtect reçoit ses mises à jour.

Les compléments libres d'Objective-See

Objective-See publie des outils de sécurité libres et gratuits pour macOS, très appréciés :

Outil Rôle
LuLu Pare-feu sortant : demande l'autorisation quand une application cherche à se connecter à Internet
KnockKnock Liste tout ce qui se lance automatiquement au démarrage, là où se cachent les logiciels malveillants
BlockBlock Alerte dès qu'un logiciel s'installe pour se lancer automatiquement
OverSight Alerte quand le micro ou la caméra s'activent

Pour une analyse ponctuelle, Malwarebytes pour Mac existe aussi en scanner à la demande gratuit.

5. Linux : pas d'antivirus par défaut, et pourquoi

Les virus pour postes Linux sont rares, pour plusieurs raisons : les logiciels viennent des dépôts signés de la distribution, l'utilisateur ne travaille pas en administrateur, et la diversité des distributions rend les attaques de masse moins rentables. Les serveurs Linux, en revanche, sont très attaqués : mots de passe SSH devinés, services exposés et pas à jour, applications web vulnérables. Contre ces attaques, un antivirus ne sert à rien ; ce qui protège, c'est le durcissement.

Besoin Outil Type
Chercher des fichiers malveillants connus ClamAV Antivirus à signatures
Repérer les faiblesses de configuration Lynis Audit de sécurité
Détecter une modification de fichiers système AIDE Contrôle d'intégrité
Chercher des traces de rootkit rkhunter, chkrootkit Détecteurs de rootkits
Bloquer les tentatives de connexion répétées fail2ban Bannissement automatique
Appliquer les correctifs de sécurité unattended-upgrades (Debian, Ubuntu), dnf-automatic (Fedora, RHEL, Rocky, Alma) Mises à jour automatiques

Quand installer ClamAV ?

Situation ClamAV utile ?
Serveur de fichiers (Samba, Nextcloud) utilisé par des postes Windows Oui : il évite de stocker et de redistribuer des fichiers infectés
Serveur de messagerie, passerelle de courriel Oui : analyse des pièces jointes
Site recevant des fichiers envoyés par les visiteurs Oui : analyse avant traitement
Analyse ponctuelle d'un disque ou d'une clé USB suspects Oui, à la demande
Poste de travail Linux personnel Rarement utile
Serveur web ou base de données sans envoi de fichiers Non : le durcissement compte bien plus

6. ClamAV en pratique

ClamAV est l'antivirus libre de référence, maintenu par Cisco Talos. Il se compose de plusieurs programmes :

Programme Rôle
freshclam Télécharge et met à jour la base de signatures
clamscan Analyse à la demande, autonome (charge les signatures à chaque lancement : lent au démarrage)
clamd Service qui garde les signatures en mémoire, pour des analyses rapides et répétées
clamdscan Envoie une analyse au service clamd
clamonacc Analyse à l'accès : vérifie les fichiers au moment où ils sont ouverts (s'appuie sur clamd)

Installer et mettre à jour

Debian, Ubuntu :

sudo apt install clamav clamav-daemon

Fedora, RHEL, Rocky, Alma (dépôt EPEL nécessaire sur RHEL et dérivés) :

sudo dnf install clamav clamav-update clamd

Sous Debian et Ubuntu, le service clamav-freshclam met la base à jour automatiquement, plusieurs fois par jour. Vérifiez qu'il tourne :

systemctl status clamav-freshclam

Pour forcer une mise à jour manuelle, arrêtez d'abord le service, sinon freshclam signale que la base est verrouillée :

sudo systemctl stop clamav-freshclam
sudo freshclam
sudo systemctl start clamav-freshclam

Analyser

Analyser un dossier de façon récursive, en n'affichant que les fichiers infectés :

clamscan -r -i /home/spo
/home/spo/Téléchargements/facture.pdf.exe: Win.Trojan.Agent-1234567 FOUND

----------- SCAN SUMMARY -----------
Known viruses: 8712345
Engine version: 1.4.3
Scanned directories: 412
Scanned files: 5873
Infected files: 1
Data scanned: 2.31 GB
Time: 96.204 sec (1 m 36 s)

Les chiffres varient selon la version et votre système. Options utiles :

Option Effet
-r Récursif : analyse les sous-dossiers
-i N'affiche que les fichiers infectés
--move=/var/quarantaine Déplace les fichiers infectés dans un dossier de quarantaine (à créer avant)
--remove Supprime les fichiers infectés : à éviter, un faux positif efface un fichier sain
--exclude-dir="^/proc" Exclut un dossier (expression régulière)
-l /var/log/clamscan.log Écrit le résultat dans un journal

Avec le service clamd démarré, l'analyse est bien plus rapide :

sudo systemctl enable --now clamav-daemon
clamdscan --fdpass -m /srv/partage

--fdpass permet à clamd de lire des fichiers auxquels son compte n'a pas accès ; -m répartit l'analyse sur plusieurs fils d'exécution.

ClamAV et la mémoire vive

clamd garde toute la base de signatures en mémoire : plus d'un gigaoctet. Lors du rechargement de la base après une mise à jour, il en charge temporairement une deuxième copie (option ConcurrentDatabaseReload, active par défaut). Sur une petite machine ou une VM de 2 Go, préférez clamscan lancé de façon planifiée, ou désactivez cette option dans /etc/clamav/clamd.conf, au prix d'une courte pause des analyses pendant le rechargement.

Planifier une analyse quotidienne

Créez le fichier /etc/cron.d/clamscan :

30 3 * * * root clamscan -r -i --move=/var/quarantaine -l /var/log/clamscan.log /srv/partage

L'analyse tourne chaque nuit à 3 h 30 sur le partage. Consultez /var/log/clamscan.log, ou mieux, faites remonter les détections dans votre supervision.

7. Lynis : l'audit de sécurité

Lynis passe un système Linux (ou macOS) au crible : plusieurs centaines de tests sur le démarrage, les comptes, SSH, le pare-feu, les permissions, les journaux, le noyau, les services. Il ne modifie rien : il produit un score et une liste de suggestions, que vous décidez d'appliquer ou non.

Lancer un audit

Depuis les dépôts de la distribution :

sudo apt install lynis
sudo lynis audit system

La version des dépôts est parfois ancienne. Pour la dernière version, sans rien installer :

git clone https://github.com/CISOfy/lynis
cd lynis
sudo ./lynis audit system

Lire le résultat

En fin d'audit, Lynis affiche :

  Lynis security scan details:

  Hardening index : 64 [############        ]
  Tests performed : 268
  Plugins enabled : 0

  -[ Lynis 3.x.x Results ]-

  Warnings (1):
  ----------------------------
  ! Found one or more vulnerable packages. [PKGS-7392]

  Suggestions (34):
  ----------------------------
  * Consider hardening SSH configuration [SSH-7408]
      - Details  : MaxAuthTries (6 --> 3)
Élément Signification
Hardening index Score de durcissement sur 100. Ce n'est pas une note de sécurité absolue : il sert à mesurer vos progrès d'un audit à l'autre
Warnings Problèmes à traiter en priorité (ici : des paquets ont des failles connues, il faut mettre à jour)
Suggestions Améliorations possibles, chacune avec un identifiant de test entre crochets

Pour comprendre une suggestion :

sudo lynis show details SSH-7408

Le rapport complet est enregistré dans /var/log/lynis.log (déroulé détaillé) et /var/log/lynis-report.dat (résultats bruts, exploitables par un script).

Ne visez pas 100

Certaines suggestions ne s'appliquent pas à votre usage (un serveur de test n'a pas besoin d'un système d'audit complet, par exemple). Traitez les avertissements, appliquez les suggestions qui ont du sens, et relancez l'audit après chaque série de changements. Pour SSH, voir sécuriser SSH.

8. Les autres outils Linux à connaître

rkhunter et chkrootkit : détecteurs de rootkits

Un rootkit est un logiciel malveillant qui se cache au cœur du système, en remplaçant des commandes ou des modules du noyau. rkhunter et chkrootkit recherchent ses traces connues.

sudo apt install rkhunter chkrootkit
sudo rkhunter --propupd
sudo rkhunter --check --sk
sudo chkrootkit

--propupd enregistre l'état actuel des fichiers système comme référence : lancez-le juste après l'installation, sur un système sain, puis après chaque mise à jour du système. --sk évite d'attendre une validation à chaque étape.

Des outils anciens, des faux positifs fréquents

rkhunter n'a plus de nouvelle version depuis 2018, et les deux outils signalent souvent des alertes sans gravité (fichiers cachés légitimes, scripts à la place de binaires). Une alerte est un point de départ pour enquêter, pas une preuve d'infection. Ils restent utiles en complément, jamais comme seule protection.

AIDE : le contrôle d'intégrité

AIDE photographie l'état des fichiers importants (empreintes, permissions, dates), puis signale tout ce qui a changé depuis. C'est la méthode la plus fiable pour détecter qu'un attaquant a modifié le système.

Debian, Ubuntu :

sudo apt install aide
sudo aideinit
sudo aide --config /etc/aide/aide.conf --check

Fedora, RHEL, Rocky, Alma :

sudo dnf install aide
sudo aide --init
sudo mv /var/lib/aide/aide.db.new.gz /var/lib/aide/aide.db.gz
sudo aide --check

L'initialisation prend plusieurs minutes. Après une mise à jour légitime du système, mettez la base à jour (aide --update), sinon chaque contrôle listera les fichiers mis à jour. Pour une vraie protection, conservez une copie de la base hors de la machine : un attaquant qui a les droits root peut aussi modifier la base locale.

Le socle à ne pas oublier

Ces mesures protègent davantage un serveur Linux que n'importe quel antivirus :

Mesure Commande ou fichier de départ
Mises à jour de sécurité automatiques (Debian, Ubuntu) sudo apt install unattended-upgrades puis sudo dpkg-reconfigure unattended-upgrades
Mises à jour automatiques (Fedora, RHEL) sudo dnf install dnf-automatic puis sudo systemctl enable --now dnf-automatic.timer
Pare-feu sudo ufw default deny incoming, sudo ufw allow ssh, sudo ufw enable (ou firewalld)
SSH par clé, sans mot de passe ni connexion root Voir sécuriser SSH
Bannissement des attaques répétées sudo apt install fail2ban
Confinement des services Vérifier qu'AppArmor (sudo aa-status) ou SELinux (getenforce → Enforcing) est actif
Services inutiles arrêtés systemctl list-units --type=service --state=running puis sudo systemctl disable --now service
Ports en écoute connus sudo ss -tulpn

9. Les bons réflexes, quel que soit le système

  • Mettez à jour le système, le navigateur et les logiciels : la plupart des attaques exploitent des failles déjà corrigées.
  • Travaillez avec un compte standard, et n'utilisez le compte administrateur que pour les tâches qui l'exigent.
  • Installez les logiciels depuis les sources officielles (voir le catalogue des logiciels libres).
  • Utilisez un gestionnaire de mots de passe et la double authentification (voir la fiche dédiée).
  • Sauvegardez : contre un rançongiciel, la sauvegarde hors ligne est la seule vraie parade (voir la règle 3-2-1).

À retenir

  • Windows : Microsoft Defender suffit dans la plupart des cas ; un antivirus tiers bien noté (Bitdefender, ESET, G DATA…) se justifie pour plusieurs appareils ou une gestion centralisée. Vérifiez la protection contre les falsifications, l'accès contrôlé aux dossiers et l'intégrité de la mémoire.
  • macOS : XProtect, Gatekeeper et SIP protègent déjà ; activez le pare-feu et FileVault, ajoutez LuLu si vous voulez contrôler les connexions sortantes.
  • Linux : un antivirus n'est utile que dans des cas précis (fichiers partagés avec Windows, messagerie, envois de fichiers) ; ClamAV fait alors le travail.
  • Lynis audite la configuration, AIDE détecte les modifications, rkhunter et chkrootkit cherchent les rootkits.
  • Rien ne remplace les mises à jour, le moindre privilège et les sauvegardes.

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